15.01.2014 - Article
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Et si les syndics proposaient un « contrat vert » ?

Le prix des énergies augmente et continuera d’augmenter. L’ADEME a expliqué que la hausse prévisible et inéluctable jusqu’en 2020 serait d’environ 5% par an. La facture énergétique des logements est donc devenue une préoccupation prioritaire pour les ménages. Tous s’interrogent désormais sur les moyens de diminuer leur consommation d’énergie.

Dans ce contexte, est-il encore possible que les contrats de syndics ne prennent pas davantage à bras le corps la question de la maîtrise des énergies en copropriété ? Pour quelle raison les conseils syndicaux ne placent que trop rarement ce sujet au cœur des priorités des syndics ? Le Salon Batimat révèle que les acteurs de la construction neuve rivalisent d’innovation pour optimiser la consommation énergétique des logements. Ainsi, il est surprenant de constater que les acteurs de la gestion immobilière ne prennent que peu en compte la mesure de cet enjeu.

Pour répondre à ces questions, il faut d’abord rappeler les deux seuls axes permettant, au niveau de la copropriété, de maîtriser les énergies (chauffage, eau chaude sanitaire, électricité des parties communes). Le premier, qui est prioritaire, consiste à optimiser l’utilisation que les occupants font des énergies, à performance énergétique de l’immeuble inchangée. Le deuxième consiste à engager une rénovation énergétique qui améliore la performance énergétique de l’immeuble.

Agir sur ces deux leviers devient urgent et doit devenir la priorité des copropriétaires comme des syndics gestionnaires. Leurs deux objectifs communs sont d’une part de lutter contre la hausse des charges, et d’autre part d’optimiser la valeur du patrimoine en question. Sur ce dernier point la récente étude menée par l’ADEME montre que dans les différentes villes de France, une décote pouvant aller de 5% à 30% selon l’emplacement des immeubles et leur âge, réduit la valeur des patrimoines immobiliers qui ne sont pas énergétiquement rénovés, par comparaison avec ceux plus neufs, dont les consommations sont 3 à 5 fois moins élevées.

 

Optimiser les consommations d’énergie ?

Ce premier axe d’actions est pourtant simple à engager sans aucun investissement. Pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire, commencer par mettre en place l’individualisation des charges (compteurs individuels ou RFC) notamment parce qu’elle apporte à la fois l’équité qui est indispensable en copropriété et la sensibilisation de chacun qui fait baisser les consommations. Il est désormais fortement recommandé d’assortir cette individualisation de web services de maîtrise des consommations, basés sur l’installation de la télé relève des compteurs. Des économies supérieures à 20% seront obtenues dès la première année.

L’optimisation du contrat de chauffage, et sa renégociation éventuelle, avec clause d’engagement de résultat constituent le deuxième impératif.  On sait que sans changer la chaudière une telle négociation permet souvent d’économiser 20% supplémentaires.

Quant à l’électricité des parties communes, rien de plus simple que d’équiper les cages d’escalier de dispositifs d’éclairage dotés d’ampoules modernes à basse consommation et de vérifier l’optimisation de la puissance souscrite, souvent anormalement élevée.

 

Engager une rénovation énergétique ?

Il est paradoxal de constater qu’individuellement les français s’inquiètent de leur facture de chauffage et que collectivement les conseils syndicaux et les syndics ne fassent pas décoller le sujet de la rénovation énergétique de leurs immeubles. Plusieurs raisons à cela.

La première est une méconnaissance des dispositifs d’aides publiques, qui peuvent s’élever pourtant jusqu’à 80% dans certains cas de l’investissement nécessaire (en moyenne 30 000 € / logement).

Puisque la mission des syndics de gérer les immeubles au mieux des intérêts des copropriétaires et dans le respect des réglementations, il est nécessaire que cette information soit mieux relayée par eux.

Le deuxième frein provient du fait que les dispositifs d’aide au financement étaient complexes à mettre en œuvre. Ce frein est désormais levé avec la récente campagne d’information « j’éco-rénove, j’économise ».

Il est clair que dans un tel contexte les gestionnaires de copropriété doivent adapter leurs offres contractuelles aux attentes de leurs clients copropriétaires. Ceux ci attendent désormais qu’un « contrat vert » leur permette à court terme de mieux maîtriser leurs consommations d’énergie et de leur garantir l’équité qu’exige la copropriété pour fonctionner sereinement. A moyen terme, ils pourront optimiser leur facture énergétique grâce à une amélioration de la performance de leur immeuble. Enfin à long terme, ce « contrat vert » préservera la valeur de leur patrimoine grâce à une modernisation. Cette dernière mettra leur immeuble au niveau de ceux les plus récents en matière d’énergie, de confort et de sécurité.

Vous êtes gestionnaires d’immeubles et vous souhaitez gérer au mieux des intérêts de vos clients ? Proposez leur ce «contrat vert » qu’ils attendent !

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