En 2026, le DPE ne se limite plus à une obligation réglementaire. Il constitue une base de travail essentielle pour les gestionnaires d’immeubles. En fournissant une évaluation standardisée et opposable de la performance énergétique d’un bâtiment collectif, il permet d’identifier les postes de consommation prioritaires, d’orienter les choix en matière de travaux et de hiérarchiser les actions de rénovation énergétique.
Ces informations sont déterminantes pour améliorer l’efficacité des équipements, réduire les consommations d’énergie et anticiper les impacts sur les charges des résidents.
La performance énergétique est désormais un critère central de valorisation des immeubles collectifs. Le DPE influence la valeur patrimoniale, l’attractivité locative et la conformité réglementaire des bâtiments. Les gestionnaires sont incités à s’appuyer sur les résultats du DPE pour engager des démarches d’amélioration énergétique, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine et à sa mise en conformité avec les exigences actuelles et à venir.
Le DPE joue également un rôle clé dans la sensibilisation des occupants. En rendant visible la performance énergétique du bâtiment, il favorise une meilleure compréhension des enjeux climatiques et encourage l’adoption de comportements plus responsables en matière de consommation d’énergie, notamment lorsque ces données sont accompagnées d’outils de suivi et de pédagogie adaptés.
Au cours des 3 dernières années, le cadre du DPE a été progressivement renforcé afin de le rendre plus équitable, plus fiable et plus cohérent avec les objectifs de transition énergétique.
Le DPE collectif est désormais obligatoire pour l’ensemble des immeubles d’habitation collective selon le calendrier suivant :
• Depuis le 1er janvier 2024 pour les immeubles en monopropriété et les copropriétés de plus de 200 lots
• Depuis le 1er janvier 2025 pour les copropriétés de 50 à 200 lots
• Depuis le 1er janvier 2026 pour les copropriétés de moins de 50 lots
Cette généralisation permet d’obtenir une vision globale de la performance énergétique du bâtiment, incluant les parties communes, et constitue un socle indispensable pour engager des stratégies de rénovation à l’échelle de l’immeuble.
Depuis le 1er juillet 2024, les seuils de classement du DPE ont été ajustés pour les logements de moins de 40 m². Cette évolution vise à corriger les effets de seuil pénalisant les petites surfaces, notamment en raison du poids de l’eau chaude sanitaire rapporté au mètre carré. Concrètement, certains logements ont pu voir leur étiquette énergétique revalorisée, sans modification de leur consommation réelle.
La crédibilité du DPE a été renforcée par de nouvelles exigences applicables aux diagnostiqueurs. Les conditions de certification ont été durcies, les contrôles renforcés et le nombre de diagnostics réalisables par un même professionnel plafonné. Des dispositifs de traçabilité, notamment via des QR codes, permettent désormais de sécuriser les diagnostics et de limiter les pratiques frauduleuses.
Pour les gestionnaires et bailleurs, ces mesures renforcent la confiance dans les résultats du DPE et leur utilisation comme base de décision.
À compter du 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE évolue pour favoriser les logements chauffés à l’électricité. Ainsi, le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9.
Ce changement aura pour effet d’améliorer le DPE des logements concernés, équipés de chaudières électriques ou de pompes à chaleur. Les logements qui utilisent une autre énergie de chauffage ne verront pas pour autant leur étiquette baisser.
Cette évolution a un impact direct sur le classement DPE de nombreux immeubles collectifs et sur leur conformité aux exigences réglementaires, notamment en matière de location.
L’individualisation des frais de chauffage s’inscrit pleinement dans la continuité du Diagnostic de Performance Énergétique au sein de l’habitat collectif. Elle constitue un levier complémentaire pour valoriser les actions engagées à la suite d’un DPE collectif.
L’individualisation permet de traduire concrètement les gains de performance énergétique identifiés par le DPE. Elle favorise l’efficacité des travaux de rénovation et, comme le souligne l’ADEME, encourage les copropriétés à s’engager dans des démarches d’amélioration durable.
En responsabilisant chaque occupant sur sa consommation réelle, l’individualisation incite à une utilisation plus sobre de l’énergie. Elle contribue ainsi à la réduction des consommations globales et à la maîtrise des charges de chauffage pour les résidents.
Associée à une communication claire sur les résultats du DPE, l’individualisation des frais de chauffage devient un outil pédagogique puissant. Elle renforce la compréhension des enjeux énergétiques, favorise l’adhésion des résidents et soutient les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’immeuble.
En 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique dépasse largement son rôle initial de simple diagnostic réglementaire. Généralisation du DPE collectif, fiabilisation des pratiques, évolution du mode de calcul et articulation avec l’individualisation des frais de chauffage font du DPE un outil stratégique de pilotage énergétique pour l’habitat collectif.
Pour les gestionnaires de copropriétés et les organismes HLM, il constitue désormais un levier essentiel pour anticiper les obligations réglementaires, maîtriser les charges, valoriser le patrimoine immobilier et accompagner durablement la transition énergétique des bâtiments.
Antoine Figliuzzi
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