Pour comprendre la hausse du prix de l’eau potable, il est indispensable de savoir ce que contient une facture d’eau.
La facture d’eau des ménages se décompose en trois postes :
Entre 2003 et 2021, le prix du service d’eau potable et d’assainissement de l’eau a augmenté de 2 % par an. Cette hausse s’explique par une augmentation du tarif de la part assainissement de la facture1.
Toutefois, l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement a publié un rapport en juin 2025 qui indique que le prix global de l’eau (eau potable et assainissement collectif) est en forte augmentation depuis deux ans.
Pour les ménages, la facture est passée de 45,20 €/mois en 2022 à 46,90 €/mois en 2023. Et le rapport prévient que la hausse va se poursuivre en 2026 et dans les prochaines années.
Plusieurs raisons expliquent la hausse du prix de l’eau en 2026 : le coût du traitement de l’eau, les investissements nécessaires dans les infrastructures, l’évolution de la réglementation et la raréfaction de la ressource.
Pour préserver la santé humaine, la réglementation évolue, ce qui représente un coût en termes de traitement pour les services des eaux.
Le 1er janvier 2025, une nouvelle directive européenne sur le traitement des eaux urbaines résiduaires est entrée en vigueur. Ce texte a renforcé les règles en matière de traitement de l’eau.
Cette directive s’applique aux agglomérations dès 1000 habitants et introduit des normes plus strictes sur le retrait des nutriments des eaux usées urbaines et sur le traitement des micropolluants.
Une surveillance des microplastiques et des PFAS (composés per- et polyfluoroalkylés) est également prévue.
Avant d’arriver dans les logements, l’eau du réseau qui vient des eaux souterraines et des rivières subit un processus de dépollution afin de la rendre propre à la consommation. Cette étape coûte cher, en particulier pour dépolluer l’eau aux PFAS, comme demandé par la réglementation.
Présents dans de nombreux produits de la vie courante, les PFAS se retrouvent dans l’environnement et notamment dans l’eau, alors qu’ils ont des effets néfastes sur la santé humaine.
Ensuite, une fois parvenue dans les robinets des habitations, l’eau est utilisée puis rejetée dans les tuyaux. Cette eau fait l’objet d’un nouveau traitement avant d’être réintroduit dans la nature.
Cela correspond à la part assainissement de la facture d’eau.
Le renouvellement et l’entretien des infrastructures d’eau et d’assainissement ont également un impact direct sur le montant de la facture et expliquent la hausse des prix à venir.
Et le durcissement de la réglementation précitée oblige les communes à mettre en conformité leurs infrastructures.
Enfin, la ressource en eau se fait plus rare, du fait de la crise climatique.
Les collectivités locales sont donc incitées à faire un usage raisonné de l’eau et des projets innovants en la matière font l’objet d’un soutien au niveau de l’Union européenne (UE).
Par exemple, Montpellier Méditerranée Métropole a mis en place le projet ReWa qui vise à produire 175 000 m3 d’eau recyclée d’ici 2026. Il s’agit d’équiper des stations de traitement de l’eau pour permettre la réutilisation de la ressource à des fins agricoles ou industrielles. Cette initiative a fait l’objet d’une subvention de l’UE à hauteur de 55 % du budget.
Résumé : la hausse du prix de l’eau est liée à des exigences plus strictes en matière de qualité de l’eau, nécessitant des investissements indispensables. À la clé, la santé des usagers est préservée.
Concrètement, la facture d’eau des ménages va augmenter. Dans un immeuble collectif, cela se traduit par un montant plus élevé des charges. Toutefois, les tarifs diffèrent selon les régions.
En habitat collectif, les occupants doivent s’acquitter de leurs consommations d’eau ainsi que d’une partie de l’eau consommée dans les parties communes (entretien, arrosage, etc.).
L’augmentation du prix de l’eau va donc entraîner la hausse des charges pour les résidents des immeubles collectifs.
En France, le prix de l’eau n’est pas le même partout. Dans les Hauts-de-France et en Bretagne, le prix de l’eau est plus élevé qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur ou en Occitanie par exemple.
Cette différence de prix territoriale s’explique par une multitude de facteurs : la complexité technique du service, la provenance des eaux, mais aussi la pression touristique ou la dispersion de l’habitat. Les choix politiques en matière d’investissements dans le secteur de l’eau jouent également un rôle dans ces tarifs variés.
Face à la flambée des prix de l’eau, il devient indispensable d’adopter des écogestes permettant de réduire sa consommation.
Certains gestes permettent de limiter sa consommation d’eau. Voici les conseils de l’Ademe en la matière :
Le saviez-vous ? En France, on relève 19 % de fuites d’eau dans les réseaux d’eau potable (Source : Banque des Territoires). C’est près d’un litre sur cinq qui est gaspillé à cause des fuites.
Réduire le montant de sa facture d’eau passe par la maîtrise de ses usages. Dans ce sens, ista propose plusieurs solutions à destination de l’habitat collectif :
Avec ista, la gestion de la consommation d’eau est plus simple pour le syndic et les résidents.
1 Entre 2003 et 2021, le prix du service d’eau potable et d’assainissement de l’eau a augmenté de 2 % par an. Cette hausse s’explique par une augmentation du tarif de la part assainissement de la facture (Source : Vie publique).
Antoine Figliuzzi
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