17.12.2020 - Article
  • Environnement

Quel niveau de consommation de chauffage viser ?

Chaque copropriétaire aimerait que sa facture de chauffage soit moins élevée. Mais connaissez-vous les objectifs auxquels vous pouvez légitimement prétendre, sans travaux ni équipements, puis avec les dispositifs appropriés ?

Si les discours ambiants font croire que plus un immeuble est vieux plus il ressemble à une passoire thermique, en fait la réalité est plus nuancée. En effet, les procédés constructifs et les matériaux utilisés au cours des décennies ont un impact considérable sur l’efficacité énergétique d’un immeuble, et force est de constater que les immeubles construits dans l’urgence des vingt-cinq années après la guerre, sont moins performants que ceux construits il y a deux siècles.

 

Une étude assez détaillée a ainsi permis d’établir des standards par période, traduisant le niveau de consommation « chauffage + ECS ». Ces moyennes par mètre carré habitable peuvent fluctuer en fonction du climat de la région (DJU) où ils sont construits, mais elles constituent de bons indicateurs.

  • Immeubles du 19ème siècle (ou période Hausmanienne) : 160 à 200 kWh/m2/an
  • Immeuble d’avant-guerre : 175 à 210 kWh/m2/an (ou 17 à 21 litres de fioul /m2)
  • Immeuble d’avant 1975 (1er choc pétrolier) : 200 à 235 kWh/m2/an
  • Immeuble d’avant 1988 : 150 à 180 kWh/m2/an
  • Immeuble d’après 1990 : 135 à 170 kWh/m2/an
  • Immeuble d’après 2013 : 5à à 70 kWh/m2/an
     

Tout écart par rapport à ces repères (moyenne établie sur trois ans pour neutraliser les variations annuelles de DJU) doit vous amener à essayer de comprendre les raisons d’une éventuelle surconsommation. Un mauvais équilibrage des réseaux de chauffage sera évidemment le premier facteur à corriger ainsi qu’un éventuel embouage de ces réseaux. Il est évident qu’une chaudière très vieille aura un rendement (souvent inférieur à 60%) très défavorable et pourra être la cause de 15% voire 20% de surconsommation. Des canalisations d’ECS mal calorifugées engendreront également des écarts non négligeables.


C’est donc l’audit énergétique de l’immeuble qui permettra de mettre le doigt sur toutes ces causes. Le déficit d’isolation des façades, toitures, vitrages constituant bien évidemment la cause majeure de toute surconsommation.

Et ensuite ? Quels objectifs atteindre après rénovation ?

On l’a vu, l’économie minimale c’est moins 35% de façon à optimiser les aides publiques. Donc un immeuble d’avant 1975 (200 à 235 kWh/an/m²) devra viser a minima la tranche 130 – 150 kWh/m2/an (chauffage + ECS seuls). Mais cette amélioration ne place cet immeuble qu’en étiquette énergétique D, c’est à dire encore très loin des standards A des immeubles neufs. La valeur verte ainsi obtenue sera faible, voire nulle, aussi est-il préférable de viser un gain d’au moins deux étiquettes énergétiques, soit une amélioration d’au moins 50%.


Au delà, laissez-vous guider par la capacité économique d’investissement des copropriétaires pour décider si vous irez jusqu’à une rénovation de « facteur quatre » (75% de gain), mais dans tous les cas, n’oubliez pas de commencer par l’individualisation des charges de chauffage (RFC) ni ensuite d’inclure des dispositifs d’efficacité énergétique active (régulation du chauffage, thermostats, etc.)

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