Chauffage au fioul : ce qu’il faut savoir aujourd’hui
Comment fonctionne un chauffage au fioul collectif ?
Dans un immeuble chauffé collectivement au fioul, une chaudière uniquement alimente l’ensemble des radiateurs installés dans les appartements.
La chaudière est souvent installée dans un local dédié, la chaufferie. Le combustible est stocké sur place, dans une ou plusieurs cuves.
À noter : 9 % des immeubles dotés du chauffage collectif sont alimentés au fioul, loin derrière le gaz (70 %).
Pourquoi le fioul a-t-il longtemps été populaire ?
Le fioul a longtemps été plébiscité dans le secteur résidentiel pour plusieurs raisons :
- La fiabilité : le chauffage au fioul est fiable et n’est pas soumis aux risques de coupures, contrairement à l’électricité.
- L’autonomie : le fioul est stocké dans une cuve, à proximité de la chaudière. Il est donc possible d’anticiper son stockage avant la saison hivernale et l’immeuble est ensuite autonome dans la gestion de son énergie.
- L’efficacité : le fioul a longtemps été considéré comme un chauffage performant permettant de chauffer efficacement les logements.
Quels sont les inconvénients du chauffage au fioul aujourd’hui ?
Aujourd’hui, la place du fioul dans le chauffage collectif est en déclin, en raison de plusieurs facteurs : son impact sur l’environnement, son coût et les difficultés d’approvisionnement.
L’impact sur l’environnement
Le fioul est une énergie fossile extrêmement polluante. C’est une des raisons pour lesquelles le chauffage au fioul n’est plus autant plébiscité dans les logements aujourd’hui.
Face aux enjeux climatiques et à l’objectif de décarbonation que s’est donné la France d’ici 2050, le fioul n’est plus l’avenir du chauffage.
La hausse du prix du fioul
Par le passé, le fioul était une énergie bon marché et son prix était un de ses principaux atouts pour les ménages.
Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
En octobre 2003, 1000 litres de fioul se vendaient moins de 400 euros alors qu’il faut débourser plus de 1000 euros aujourd’hui pour le même volume (Source : aterno).
Le coût du combustible n’est donc plus un argument valable pour se chauffer au fioul de nos jours.
De possibles difficultés d’approvisionnement
Avec la crise énergétique qui s’est déroulée ces dernières années, la chaîne d’approvisionnement en fioul a connu des tensions avec des retards de livraison notamment.
Si la situation est désormais rétablie, ce phénomène permet d’envisager de nouvelles difficultés d’approvisionnement à l’avenir, en fonction de l’évolution de la situation géopolitique mondiale.
Quelle est la réglementation applicable au chauffage au fioul dans les immeubles ?
Compte tenu de son caractère polluant, les pouvoirs publics ont décidé de bannir progressivement le fioul des foyers.
Ainsi, depuis le 1er juillet 2022, il est interdit d’installer des chaudières au fioul dans les logements.
Pour autant, il n’est pas exigé que les chaudières au fioul déjà en place soient retirées et il est toujours possible d’utiliser ces équipements et de les faire réparer. Mais en cas de panne irréparable, il n’est pas possible de remplacer une chaudière par un nouvel équipement au fioul.
Il devient donc nécessaire d’anticiper la fin de vie des appareils et d’envisager l’installation de nouveaux équipements.
Quelles alternatives modernes au chauffage au fioul en copropriété ?
En copropriété, plusieurs systèmes de chauffage peuvent être installés en remplacement d’une chaudière au fioul :
- Le chauffage collectif au gaz, très répandu bien qu’il fonctionne sur la base d’une énergie fossile qui a également connu des tensions en matière d’approvisionnement.
- Les réseaux de chaleur qui peuvent fonctionner avec différents combustibles. C’est une option intéressante lorsqu’elle fonctionne grâce à un raccordement à un système de récupération de chaleur d’une activité industrielle.
- La chaudière biomasse présente l’avantage de fonctionner avec du bois, une énergie renouvelable bon marché. Elle est éligible à certaines aides financières comme la prime CEE, l’éco-prêt à taux zéro ou la TVA réduite à 5,5 %. Depuis janvier 2026, la chaudière biomasse n’est plus éligible à MaPrimeRénov’.
- La pompe à chaleur. Pour un chauffage collectif, il est préférable de se tourner soit vers un modèle de PAC air-eau ou géothermique qui permettent d’alimenter un circuit de chauffage et d’eau chaude sanitaire. En rénovation, l’installation d’une PAC géothermique est plus complexe, car elle implique d’enfouir des capteurs dans le sol, à l’extérieur de l’immeuble. La pompe à chaleur bénéficie aussi d'aides financières.
Comment faire des économies d’énergie en présence d’un chauffage au fioul ?
En présence d’un chauffage au fioul, il est important de mettre en place certaines pratiques dans l’immeuble afin de ne pas faire flamber la facture des résidents :
- L’individualisation des frais de chauffage qui est obligatoire dans les immeubles les plus énergivores permet de faire payer à chaque ménage sa consommation réelle de chauffage. Grâce à ce dispositif, on observe généralement une baisse de la consommation de l’ordre de 15 à 25 % en moyenne.
- La mise en place d’un comptage individuel, indispensable pour l’individualisation des frais de chauffage, avec la pose de compteurs individuels d’énergie thermique ou de répartiteurs de frais de chauffage. Ils permettent d’établir la facturation réelle des consommations de chaque appartement.
Conseil ista : envisager des travaux de rénovation énergétique comme l’isolation thermique du bâtiment permet de faire baisser la facture de chauffage dans l’immeuble.
Passez à la répartition au réel pour réduire vos dépenses de chauffage
En savoir plusarrow_forwardComment envisager la transition en matière de chauffage dans un immeuble collectif ?
Pour modifier le système de chauffage collectif d’un immeuble afin d’abandonner le fioul au profit d’un autre combustible, il est nécessaire de suivre plusieurs étapes.
D’abord, il faut inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale (AG) la question de l’opportunité de changer de mode de chauffage collectif.
Ensuite, une étude doit être menée par un professionnel pour évaluer les besoins de l’immeuble et choisir le nouveau mode de chauffage. À partir de ce document, le conseil syndical et le syndic choisissent le système de chauffage et demandent un devis à plusieurs entreprises.
Ensuite, une nouvelle AG est convoquée afin de voter les travaux. Si le changement d’énergie n’implique pas de modification de l’installation de chauffage dans les appartements, la majorité de l’article 25 est obligatoire (majorité absolue).
Si les installations des appartements doivent être modifiées (radiateurs notamment), la majorité de l’article 26 est nécessaire (majorité des copropriétaires représentant au moins 2/3 des tantièmes).
Antoine Figliuzzi
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